Figure incontournable des lettres françaises de la seconde moitié du XIXe siècle, Paul Verlaine peut indiscutablement être classé parmi ces poètes dont il a lui-même dépeint le profil dans son petit ouvrage paru en 1884, Les Poètes maudits. On dira qu'il incarne à la perfection cette image de l'auteur ayant, semble-t-il, tout sacrifié à son art, en l'occurrence la littérature. À la lueur de nombreux de ses vers qui dénotent une grande tendresse et une musicalité sans égal s'opposent dautres vers, certes plus rugueux, mais aussi et surtout les ténèbres d'une vie plongée dans l'errance (avec Arthur Rimbaud notamment), la violence, le déclassement social, l'alcool, les ennuis judiciaires et les séjours hospitaliers. Mais Paul Verlaine, cest aussi une immersion dans le milieu littéraire parisien, depuis sa première rencontre avec Victor Hugo en 1867 jusqu'à ses liens tissés dans les années 1890 avec la jeune garde incarnée par les Gide, Claudel, Barrès et autres Pierre Louÿs, en passant par les vieux amis que furent pour lui des poètes et des compositeurs de talent comme Théodore de Banville, Stéphane Mallarmé, Charles Cros, François Coppée ou Emmanuel Chabrier. Cette vie sociale et culturelle non négligeable tâchera de lui garantir un début de notoriété jamais démenti par la suite et la poésie verlainienne simposera comme lune des plus remarquables de la langue française contemporaine.
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