Tout le monde connaît le conte de Cendrillon et apprécie cette histoire féerique. Le bien y triomphe du mal endossé par la méchante belle-mère, Madame de Trémaine. Mais on ne naît pas cruel et on ne se comporte pas de manière odieuse dès nos premiers babillages. Il y a toujours des événements qui peuvent expliquer, sinon justifier, quon devienne cet être malfaisant que chaque lecteur va pouvoir détester à souhait. Si lon considère Cendrillon, souffre-douleur de sa belle-mère et de ses filles, elle ne devient lhéroïne du récit que grâce au joug de sa marâtre qui, voulant lavilir, la met constamment en valeur. Sans cette ignoble maltraitance, aurait-elle été autre chose quune jolie ingénue ? Non bien sûr, car son calvaire va la magnifier, en faire une déesse de bonté, celle quon va admirer, quon aimerait être. Rassurez-vous, je ne vais pas faire lapologie des bienfaits de la méchanceté, mais je vais vous conter lhistoire de Madame de Trémaine, de son adolescence jusquà sa déchéance, lorsque Cendrillon ravit le cur du Prince. A travers ce récit, sous cet éclairage, vous verrez que tout nest pas ou blanc ou noir, mais que dans la vie des hommes et des femmes, ce sont les nuances de gris qui dominent. Alors, entre écru et anthracite, voulez-vous me suivre ?
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